10KM Nike Women Race – Mon compte rendu

« You may see me struggle. But you will never see me fail.»

Dimanche 7 juin. 7 heures du mat’. Le réveil sonne. J’entends Alex qui se lève dans la chambre d’à côté. On se retrouve dans le couloir. La tête dans le pâté. FOU RIRE. Ca commence bien !

Comme un petit cochon qui s’en va vers l’abattoir, je n’ai AUCUNE motivation pour me rendre à la course. C’est ma première. Je ne suis pas DU TOUT prête. Je n’ai jamais couru plus de 8km (et encore c’était il y a 10 mois). Je ne suis pas entraînée. Je n’ai pas couru depuis 2 mois. Je n’y arriverai pas. Je vais me blesser. PIRE. JE VAIS ECHOUER !

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C’est avec toutes ces merveilleuses pensées positives que je rejoins le SAS de départ avec mes copines. L’ambiance, la musique et les 11 000 filles qui m’accompagnent m’aident enfin à me sortir de ma torpeur. Le stress est là mais la motivation est de retour. Je peux le faire. Je vais y arriver. Si 11 000 nanas sont capables de courir 10km alors moi aussi ! Devant moi, des milliers de filles (et quelques gars aussi). Des petites, des grandes, des brunes, des blondes, de minces, des rondes. On est toutes là pour un même objectif : SE DEPASSER !

J’arrive près de la ligne de départ. J’ai peur. J’ai mal au bide. Mais plus moyen de faire marche arrière. Dernier petit regard à Alex et Margaux. LET’S GO GIRLS !!!

KILOMETRE 1 :

C’est lent, c’est mou, les mollets commencent à se chauffer, je ne sais vraiment pas comment je vais faire pour arriver au bout. Beyoncé me crie que les filles dominent le monde. J’essaye surtout de dominer mon esprit et mes pieds qui frôlent le bitume parisien. Quelle idée pourrie !

KILOMETRE 2 :

QUOI ?!? SEULEMENT 2 KILOMETRES ? J’ai l’impression d’être partie il y a mille ans. Je vois des filles filer et j’en largue d’autres sur le bitume. Il commence à faire chaud. J’ai mal. Je me demande vraiment ce que je fous là. J’ai envie de dire à toutes les filles qui courent avec moi qu’elles sont canon. Qu’elles sont courageuses et que je les admire grave ! Parce que moi, j’en chie trop !

KILOMETRE 3 :

Je laisse mes copines à leur rythme et j’accélère un petit peu. Mon appli me dit que je suis à 7 mn du KM. Je sais que je peux faire mieux. La première côte arrive et ne me fais pas du bien mais je m’accroche. »Allez ma poule, plus que 7km ». « She’s a maniac » résonne dans mes oreilles. JE PEUX LE FAIRE PUTAIN !

KILOMETRE 4 :

Bon là c’est vraiment le plus dur je crois. Je me maudis d’avoir des idées si tordues. De faire autant de mal à mon corps. J’ai de plus en plus chaud et le parcours est non seulement plein de côtes mais aussi bien pavé. J’ai un peu mal aux pieds. Mon souffle est OK. Mais la motivation s’en est allée. D’habitude, j’arrête à ce moment là. Il va falloir continuer… « Accroche toi ma gueule ! »

KILOMETRE 5 :

Je passe le SAS de Sarenza qui me redonne une pêche d’enfer, un second souffle après le petit ravito. Musique à fond. Les panneaux qui s’agitent me disent que je suis « GORGEOUS », ils m’invitent à accélérer, à donner le meilleur de moi même. Je me sens privilégiée, encouragée, canon ! Après tout je suis en bonne santé, mes parents m’ont faite avec deux jambes, des poumons un peu discutables mais qu’à cela ne tienne, j’accélère !

KILOMETRE 6 :

C’est la délivrance. J’atteins enfin mon rythme de croisière. Je slalome un peu entre les filles qui sont en train de ralentir. Je veux m’améliorer. Je veux me dépasser. Je n’ai plus mal. Ni mon coeur, ni mes mollets ne se mettent en travers de mon chemin. Mon mental a pris le dessus. JE SUIS DANS LA PLAAAACE !

KILOMETRE 7 :

Je repère une meneuse d’allure. Je n’arrive pas à lire son temps. Alors j’accélère. Je continue de slalomer entre les filles. Je la rejoins – 1h15 – MERDE je peux faire mieux !  » Allez meuf, plus que 3 km. C’est RIEN 3 kilomètres. NE LACHE PAS. SURTOUT PAS. ACCELERE !  » Je crois que c’est à ce moment là que je me fixe enfin un objectif : 1h05.

KILOMETRE 8 :

Mon coeur ne me lâche pas. Mes jambes non plus. Je suis rouge. Ecarlate. J’ai chaud. J’ai hâte de terminer. Je donne tout. J’accélère. ENCORE. Je regrette mon short depuis quelques KM déjà. Je le remets en place toutes les 3 secondes (SEXY) ! Mes cuisses frottent l’une contre l’autre (ba oui elles se touchent quoi), ça me brûle ! C’est à la limite du supportable. Il reste 2km. GO GIRL !

KILOMETRE 9 :

Je parle à haute voix. Je me motive. « ALLEZ JULIE. ALLEZ PUUUTAAAIN ». Je crois que les filles autour de moi me prennent pour une folle. Mes cuisses me brûlent tellement. Je hurle. Je souffle. FORT. Je lâche tout. Et cette PUTAIN DE CÔTE qui me tue juste avant l’arrivée. J’ai du mal à accélérer. JE VEUX EN FINIR !!!

KILOMETRE 10 :

Je passe ENFIN la ligne d’arrivée !!! Je l’ai FAIT ! Je ne me suis pas arrêtée. J’ai enchaînée. Je ne réalise rien du tout. Mon application m’annonce 1h05 (en vrai j’ai fais 1h06). Je n’en reviens pas ! Je suis euphorique. J’aimerai prendre quelqu’un dans mes bras. Mais pas de copine à l’horizon à l’arrivée. Tant pis. J’avance un peu. Je récupère ma trop belle médaille. Je m’assois sur le côté pour récupérer un peu. Les larmes se mettent à couler toutes seules sur mon visage : de joie, de bonheur, de douleur aussi. JE L’AI FAIT PUTAIN !

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BILAN :

Grosse brûlure à l’entrecuisse et trop mal au pied droit après quelques heures de repos (la démarche de cowboy me va si bien..). Mais je suis encore dans l’euphorie et trop trop fière ! Malgré ma motivation de départ proche du niveau zéro, j’ai réussi à me surpasser, à dépasser mes limites. Je ne m’en croyais vraiment pas capable. Merci à toutes et à tous pour vos encouragements, ils ont été précieux ! J’ai hâte de remettre ça mais en attendant, si vous ne m’en voulez pas, je vais dormir !

Comment s’est passée votre course les filles ? C’était aussi votre première ? Vous avez réalisé vos objectifs ?

PS : pardon pour tous les gros mots mais je m’en remets pas !

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